Le 7 au soir a cessé ses activités depuis mars 2025

Thierry Caron - divergence
Thierry Caron - divergence

Pendant toutes ces années de compagnonnage, nous nous sommes dit, à chaque fois, que le plus difficile c'était de savoir comment terminer un spectacle.

Par quels mots finir ?

Sur qu’elle image ou quelle mélodie laisser repartir les gens ?

Souvent, malgré les doutes, nous avons quand même fini par opter pour des fins abruptes et ouvertes.

Un peu comme on sort d'un rêve sans conclusion, ni préparation, mais toujours plein.es de ce qui a été traversé et qui sera plus tard remâché.

Depuis le Covid, il a été difficile de maintenir notre processus de création à maturation lente et protéiforme dans ce système qui ne nous permet plus de prendre le temps de muer comme nous l'aurions souhaité. Nous avions mis, comme beaucoup, si longtemps à sortir de l'émergence pour être identifiés qu'il ne semblait raisonnablement pas possible de rebattre nos cartes, surtout en ce moment...

Alors, cette fin-là aussi, nous avons choisi de la dessiner nette, rapide et sans lente déliquescence.

Nous avons choisi de finir au sommet de notre vague, heureuses et heureux et fier.es du travail minutieux, empirique et artisanal que nous avons mené pendant 13 ans pour mettre en image, en objet et en musique les textes d’Yvan Corbineau.

Le 7 au soir, c'est le récit entremêlé de 11 acolytes de tout poil qui ont travaillé, coude à coude, dans une joie sans cesse renouvelée malgré d’inhérentes tempêtes.

Nous avons forgé ensemble une pâte faite d’une accumulation de couches successives pour parler au plus grand nombre de nos intarissables foisonnements et contradictions intérieures.

Le 7 au soir, c'est l'expérience créative la plus enthousiasmante et l’expérience humaine la plus bienveillante qu'il m'ait été donné de partager.

Je souhaitais donc laisser quelques mots, un temps sur la toile, pour donner à voir et à lire des traces de cette incroyable aventure.

 

 

Elsa Hourcade

 

Je souhaite dire un grand merci à toute l'équipe du 7 au soir

C'est un cadeau immense pour un auteur de voir ses mots portés au plateau, de voir ses mots créer, par la bande, des objets, de la musique, de la lumière, de l'espace, des machines absurdes, des costumes, des photographies, des idées, des prototypes, de l'amour et même des conflits.
Alors merci à Elsa d'abord, puis au bureau Christelle, Baptiste, Thibault, puis au reste du noyau dur Zoé, J.F., Judith, Sara et enfin à celles et ceux qui ont peuplé de loin ou de près nos créations Thierry, Robila, Véra, Balta, Sam, Osloob, Cécile, Clémence, Lydia, Naïssam, Laura, Arthur, Marek, Magali, Florent, Manu, Stéphane...

Une telle complicité est rare, tant artistique qu'amicale.

Si nous décidons d'arrêter aujourd'hui c'est que la politique culturelle actuelle ne nous permet plus de nous faire des expériences sans résultat, d'être fragile, de nous tromper, d'errer, de prendre du temps, d'en perdre... 

Il semble qu'il est temps d'imaginer d'autres manières de créer, si possible dans la joie et l'autonomie.

 

Yvan Corbineau