Le bulldozer et l'olivier


conte musical / pour tous à partir de 10 ans

 

Le bulldozer et l'olivier, texte de La foutue bande sera édité par Un thé chez les fous, Toulouse, 2019

 

L'olivier est là. Il est là depuis longtemps. Il est bien vieux maintenant...
Un beau matin, débarque le bulldozer. Le bulldozer dit à l'olivier qu'il n'a plus rien à faire ici, maintenant, ici, c'est chez lui, il était là avant.
L'olivier va-t-il faire ses bagages et prendre la route ?
Va-t-il aller toquer chez le voisin avec ses enfants et toute la famille ?
Ou bien va-t-il s'accrocher à sa terre avec ses racines, profondes et résister, comme il peut, au chant des machines ?

Le Bulldozer et l'olivier suit de manière imagée l'histoire récente de la Palestine.
Il pose, avec poésie, la question de la résistance et de l'attachement à la terre.
Il débute comme un conte classique, le nez dans l'imaginaire, et petit à petit, le réel prend racine jusqu'à la douleur.

Un conte plein d'espoir ?

 

 

 

anonyme, 2016 / photo TCARON - DIVERGENCE
anonyme, 2016 / photo TCARON - DIVERGENCE

 


 
Extrait :
 
Déjà les chenilles écrasent les olives vertes tombées au sol
 
les fruits éclatent sous le poids de la machine
 
le bulldozer s'approche de l'olivier
 
la lame à l'avant prend appui contre le tronc de l'arbre
 
l'avant du véhicule se soulève
 
l'arbre reste droit
 
la prise au sol est forte
 
le véhicule accélère, il donne de la puissance
 
les racines craquent
 
le véhicule est maintenant à l'horizontale
 
l'arbre penche
 
la terre est solidaire
 
elle se soulève avec les racines
 
la machine insiste, les racines cèdent
 
l'arbre est couché
 
d'un côté les branches avec les feuilles
 
de l'autre les racines avec la terre
 
c'est presque symétrique
 
tout autour c'est le même spectacle
 
pareille désolation
 
tous arrachés à la terre
 
pour créer le désert
 
ce désert contre lequel il faudra lutter
 
pour reconstruire
 
         avec des bulldozers
 
pour reconstruire
 
         comme s'il n'y avait jamais rien eu ici
 
pour reconstruire
 
         comme s'il n'y avait eu personne avant
 
pour reconstruire
 
          et trouver sa légitimité à être là
 
                                                               à la place