La foutue bande

de loin de la Palestine

de Yvan Corbineau

 

Théâtre d'objets et de musique / pour tous à partir de 14 ans

La foutue bande sera édité par Un thé chez les fous, Toulouse (2020)

 

 


La foutue bande est une constellation de textes sur la Palestine, un regard lointain qui tente d'approcher petit à petit son sujet et de faire le point.


La foutue bande est une recherche impuissante qui se met à nu, un questionnement qui se précise, un feu qui s'entretient d'année en année.


La foutue bande c'est autant de lectures que d'écriture, autant de découvertes que de désarroi, de cris que de larmes... 


La foutue bande est  une écriture fragmentaire et hétéroclite, faite de formes littéraires variées (monologues, poèmes, conte, récit, chansons, sms, appel radio, cartes, etc.) et dans des registres différents (un peu drôle, un peu moins drôle, plus du tout drôle).


La foutue bande est une métonymie, « la métonymie utilise un mot pour signifier une idée distincte mais qui lui est associée... ex  : boire un verre ». Ainsi en parlant de (la bande de) Gaza, nous parlons de la Palestine (autre sorte de bande) et pourquoi pas d'autres territoires qui se morcellent, d'autres gen.te.s qui vivent sur des territoires sur lesquels les droits ne sont pas partagés.

 

 

Intentions (Elsa Hourcade) - extrait


Pourquoi absolument chercher à comprendre  ?

S'il n'y avait finalement que trop à saisir, discerner, appréhender  : un conflit millénaire, une haine séculaire, une histoire coloniale avilissante, une série de guerres internes et/ou civiles, une succession de frontières imposées, le berceau disputé des trois grandes religions monothéistes, le théâtre de l'inextricable relation oppresseur/opprimé, le récit d'un impossible partage.

Si le plus important n'était pas de comprendre mais de fouiller. À la manière d'un archéologue novice et profane  : se choisir de petites zones et en extraire, comme Yvan, quelques fragments de murs, d'histoires, de portraits, de documents pour faire de ces parcelles la part transmissible du trop indicible.

Cette région du monde fait résonner une histoire humaine indissociable d'une pensée universelle contemporaine. Parce que l'on ne peut passer au travers, un peu comme si cette explosion de cris, de conflits, de déracinement et de deuil avait disséminé ses sédiments un peu partout et qu'on ne pouvait s'en affranchir. Continuer de triturer encore et encore l'incompréhensible, c'est donner du grain à moudre à nos cheminements et dialogues à venir. Continuer de questionner tout ce fatras en public, c'est tenter de résister à la simplification, refuser de se laisser tranquille pour ne pas céder aux conforts de la vulgarisation historique, sociologique ou prosélyte.

Tous les fragments qui composent La foutue bande sont autant de morceaux à adapter en public pour accepter ensemble que  : même si on ne peut avoir qu'une vision partielle, même si on a peur, même si on n'a pas la force de tout voir, de tout faire et de tout comprendre, on veut bien tout de même essayer.

intentions (Elsa Hourcade)

Pourquoi absolument chercher à comprendre  ?

S'il n'y avait finalement que trop à saisir, discerner, appréhender  : un conflit millénaire, une haine séculaire, une histoire coloniale avilissante, une série de guerres internes et/ou civiles, une succession de frontières imposées, le berceau disputé des trois grandes religions monothéistes, le théâtre de l'inextricable relation oppresseur/opprimé, le récit d'un impossible partage.

Si le plus important n'était pas de comprendre mais de fouiller. À la manière d'un archéologue novice et profane  : se choisir de petites zones et en extraire, comme Yvan, quelques fragments de murs, d'histoires, de portraits, de documents pour faire de ces parcelles la part transmissible du trop indicible.

Cette région du monde fait résonner une histoire humaine indissociable d'une pensée universelle contemporaine. Parce que l'on ne peut passer au travers, un peu comme si cette explosion de cris, de conflits, de déracinement et de deuil avait disséminé ses sédiments un peu partout et qu'on ne pouvait s'en affranchir. Continuer de triturer encore et encore l'incompréhensible, c'est donner du grain à moudre à nos cheminements et dialogues à venir. Continuer de questionner tout ce fatras en public, c'est tenter de résister à la simplification, refuser de se laisser tranquille pour ne pas céder aux conforts de la vulgarisation historique, sociologique ou prosélyte.

Tous les fragments qui composent La foutue bande sont autant de morceaux à adapter en public pour accepter ensemble que  : même si on ne peut avoir qu'une vision partielle, même si on a peur, même si on n'a pas la force de tout voir, de tout faire et de tout comprendre, on veut bien tout de même essayer.

Parce que nous croyons que la tentative peut beaucoup,
là où le refus de (sa)voir ne peut rien.

Extraits du texte - La foutue bande



La bande / accueil

Bienvenue Ô Pays Réel il n’est pas comme vous l’imaginez
la voix y est libre
Les idées s’épanouissent hors des ornières touffues presque écoeurantes
Paroles échangées en toute courtoisie jusqu’à ce que l’idée enflamme le mot
le Pays Réel l’est par là même que certains contestent sa réalité
Bienvenue au pays en tranches !

fines SVP

 


La bande / chant

Ils sont englués dans la bande
au plafond les mouches collées
la bande celle qui pend de la cuisine au plafond

Ils manquent d'air dans la bande
comme l’homme invisible
la bande qui prend
sa tête
on dirait qu’elle bouche ses narines
qu’elle bouche sa bouche

Ils vivent dans la bande
et elle rétrécit
sûr bientôt
on l’appellera le fil
ou les morceaux
                            la ficelle


Cartographie imaginaire / extrait

…Sa route donc, il reprend, ayant bien évidemment auparavant, regardé la carte donc par là-même modifié le territoire. Il a tenté de noter les modifications sur son carnet, tenté de les reporter sur la carte pour que son chemin se dessine, les intentions se révèlent. Inévitablement, à chaque tentative de report d'information sur la carte, il l'ouvre donc la modifie. Il essaye un moment de noter sans déplier, entrouvrant les pans discrètement et traçant du bout du stylo, l’œil glissé entre deux, sans bien voir, la tête penchée.
Il se demande pourquoi donc continue-t-il bêtement à avancer, errer sur la carte parmi les modifications qui poussent sur son chemin...


La bande / être-territoire

L’être-territoire
le porte sur son dos
sous ses pieds
qui marchent dans la rue
dans la merde

L’être-territoire
s’est installé dans le cœur de ses enfants
il a déballé sa valise
posé ses mots sur le bord du lavabo

« Là-bas disent-ils nous sommes nous des êtres-territoire
nous sommes sa personnification
il nous suit où qu’on aille au combat
au ciel
en exil
aux toilettes ... »